Texte de Victor Hugo

« La Révolution, c’est la France sublimée. Il s’est trouvé un jour que la France a été dans la fournaise, les fournaises à de certaines martyres guerrières font pousser des ailes, et de ces flammes cette géante est sortie archange. Aujourd’hui pour toute la terre la France s’appelle Révolution ; et désormais ce mot, Révolution, sera le nom de la civilisation jusqu’à ce qu’il soit remplacé par le mot Harmonie. Je le répète, ne cherchez pas ailleurs le point d’origine et le lieu de naissance de la littérature du dix-neuvième siècle. Oui, tous tant que nous sommes, grands et petits, puissants et méconnus, illustres et obscurs, dans toutes nos œuvres, bonnes ou mauvaises, quelles qu’elles soient, poèmes, drames, romans, histoire, philosophie, à la tribune des assemblées comme devant les foules du théâtre, comme dans le recueillement des solitudes, oui, partout, oui, toujours, oui, pour combattre les violences et les impostures, oui, pour réhabiliter les lapidés et les accablés, oui, pour conclure logiquement et marcher droit, oui, pour consoler, pour secourir, pour relever, pour encourager, pour enseigner, oui, pour panser en attendant qu’on guérisse, oui, pour transformer la charité en fraternité, l’aumône en assistance, la fainéantise en travail, l’oisiveté en utilité, la centralisation en famille, l’iniquité en justice, le bourgeois en citoyen, la populace en peuple, la canaille en nation, les nations en humanité, la guerre en amour, le préjugé en examen, les frontières en soudures, les limites en ouvertures, les ornières en rails, les sacristies en temples, l’instinct du mal en volonté du bien, la vie en droit, les rois en hommes, oui, pour ôter des religions l’enfer et des sociétés le bagne, oui, pour être frères du misérable, du serf, du fellah, du prolétaire, du déshérité, de l’exploité, du trahi, du vaincu, du vendu, de l’enchaîné, du sacrifié, de la prostituée, du forçat, de l’ignorant, du sauvage, de l’esclave, du nègre, du condamné et du damné, oui, nous sommes tes fils, Révolution !”Victor Hugo
“The Revolution is the sublimated France. He found one day that France was in the furnace, furnaces at certain warlike martyrs grow wings, and the flames came out this giant archangel. Today for all the earth is called the France Revolution and now this word, Revolution, will be the name of civilization until it was replaced by the word Harmony. Again, look no further the origin and birthplace of the literature of the nineteenth century. Yes, as we all, great and small, powerful and unknown, famous and obscure, in all our works, good or bad, whatever they are, poems, plays, novels, history, philosophy, platform assemblies as before the crowds of theater, as in contemplation of solitude, yes, everywhere, yes, always, yes, to combat violence and impostures, yes, to rehabilitate stoned and overwhelmed, yes, to the logical conclusion and walk straight yes, to comfort, to help, to meet, to encourage, to teach, yes, to bind up while waiting to heal, yes, to transform charity in fraternity, charity assistance, laziness in work, idleness in utility, centralization family, inequity in justice, citizens in bourgeois mob in people, the rabble nation, nations humanity, love and war, prejudice in consideration, borders welds , limitations openings, ruts rails, sacristies in temples, the instinct of evil will of the good life right men kings, yes, to remove religions hell and the prison companies yes, to be brothers of the miserable, the serf, the fellah, the proletarian, the disinherited, the exploited, the betrayed, the defeated, the sold, the chains, the sacrificed, the prostitute, the convict, the ignorant, the wild, the slave, the negro, the condemned and damned, yes, we are thy son, Revolution! “Victor Hugo